Je viens de retrouver cette lettre, dans je ne sais quel tumulte de souvenirs, enfin, moi, je la trouve un peu jolie, et puis, elle ne signifie plus rien pour à mes yeux, ainsi, je te la présente, que tu goûtes un peu de mon style... Ah! N'empêche qu'un jour, qui sait, on m'écrira des mots doux de ce genre? Avec une agonie pesée dans chaque lettre, cette souffrance atroce que l'amour, virtuose de l'instrument du coeur, manie avec passion.
(Au fait, que ceux qui se sentent concernés par cet écrit ne le prennent pas au sérieux)
Mon amour,
Comment exprimer le besoin que je ressens d'écrire ces mots, mon amour et mon cœur, mon chéri, mon tout, enfin, tu le sais trop...
Cette lettre n'a aucune ambition sauf celle d'apaiser ma peine, de soulager quelque peu mon esprit, à quoi bon, il sera encore longtemps attaché au poids de notre passé, passé que tu as si bien terni pour que je puisse le déchirer sans regrets.
Tu ne me vois pas, si ce n'est qu'avec un sourire forcé qui par son masque en dévoile mille fois plus que les larmes cachées...
Pourtant, je guérie, je dois m'y soumettre, puisqu'un autre est là, il t'abat doucement, sans gloire... Malheureusement, le sentiment que je lui porte n'est que cendres à côté de la passion dont j'embrase le spectre de ton cœur.
Ces mots qui défilent sous mes doigts vont sans doute te mettre en colère, pour quelle raison ? Pourquoi renies-tu que je t'aime ? Que j'en souffre ? A tel point que je préfère me donner cet homme, verser mes pleurs sur son épaule en échange d'un baiser que je ne mérite pas, d'une caresse dont je ne suis plus digne. Je ne lui mens pas, il sait tout, il sait surtout que son unique chance est de te balayer de mon âme, mieux vaut qu'il balaye mon âme même...
L'autre fois, j'ai lu des lignes que tu m'avais écrites, ces lignes envoyées à une distance meurtrière, lorsque tu étais encore à moi, lorsque je te manquais à outrance, mes yeux se sont fendus, fendus en milliers... Apeurés de croire que tu as ressenti tout ce que tu as mêlé à l'encre... Effrayés par la dévotion que tu menais, enfin, terrorisés d'admettre que tout est réellement fini.
Toi qui jurais ne pas en voir la fin, toi que je maudis désormais, toi, toi seul, voilà tout, mon obsession, mon souffle, ce que j'ai perdu et que je désespère de reprendre...
Allons, j'oublierai, ton poison n'empestera plus mes veines, et ce jour là, je vivrai n'est-ce pas ?
Pardonne-moi si cette lettre t'offense, te fâche, je désire juste brûler cette page qui se révèle être le roman que je relie sans cesse.
Ophélia
PS : Ne m'en veux pas de ne pouvoir rejeter le seul rayon qui réchauffe ma vie.